Les pathologies du furet 1/2

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Les pathologies du furet les plus fréquemment rencontrées au cabinet, partie I/2.

Les furets sont les troisièmes animaux de compagnie les plus fréquents, après les chats et les chiens, à visiter le cabinet. Ils représentent donc la majorité des NAC vus en consultation avant même les rongeurs/lapins, reptiles et oiseaux.

Les motifs de consultation sont le plus fréquemment heureux, et se nomment vaccination (contre la maladie de carré), stérilisation (obligatoire chez la furette non reproductrice en prévention de l’anémie aplasique) ou castration (contrôle de l’odeur + marquage), mise en place de la puce électronique (en outre obligatoire chez les furets se rendant dès juillet 2004 dans un pays de l’EU) . L’ablation des glandes anales est interdite en Suisse, sauf en cas de pathologie associée.

Mais si les furets européens ne développent pas les maladies trouvées chez les américains avec la même fréquence, elles peuvent néanmoins se retrouver également chez nos furets suisses romands. En deux parties, voici un aperçu des problèmes les plus souvent rencontrés :

Diarrhée

Le transit du furet est rapide (env. 3h) puisque les intestins sont courts. La flore bactérienne y est assez pauvre. Les furets jeunes sont les plus sensibles aux germes et souffrent de diarrhée suite à certains virus tels que des rotavirus, coronavirus ou des parasitoses comme des coccidies. La complication la plus fréquente est le prolaps rectal qui disparaît souvent avec le traitement causal sans nécessiter de chirurgie. En outre, d’autres germes réputés (salmonelle, campylobacter, mycobacter, Lawsonia intracellularis provoquant la fameuse « proliferative bowel disease », etc) peuvent provoquer des diarrhées.

La plupart des diarrhées se traitent après diagnostic avec éventuellement une antibiothérapie générale. Ceux-ci sont en général bien tolérés, néanmoins des dysbioses bactériennes peuvent parfois survenir après des traitements et nécessitent la prise d’entéroferments sur une certaine période. Après une entérite, les selles peuvent rester longtemps granuleuses et parfois mal formées sans refléter une quelconque pathologie supplémentaire.

Chez les furets adultes, la majorité des diarrhées font souvent suite à des défauts nutritionnels ou des facteurs de stress.

La fameuse « green slime disease » qui pourrait être provoquée par un coronavirus et qui ferait des ravages aux USA ne semble pas (encore ?) devenir un réel problème dans nos régions. Le virus influenza de la grippe humaine peut occasionnellement provoquer une diarrhée transitoire. D’autres pathologies décrites à médiation immunitaire telle que la gastro-entérite éosinophilique sont encore plus rares. Idem pour la maladie du Carré ou la maladie Aleutienne, qui ne se rencontrent heureusement pas souvent.

Finalement, certaines néoplasies peuvent provoquer des signes d’entérite, toutefois toujours avec d’autres signes associés.

Eléments-clés pour le diagnostic : Anamnèse, examen clinique, analyse des conditions de vie, analyses bactériologiques et parasitologiques de selles, hématologie, chimiogramme (surtout les enzymes hépatiques), evt. endoscopie chez les furets plus gros, laparatomie exploratrice pour biopsies.

Dans l’attente de la thérapie causale, thérapie symptomatique : Antibiothérapie, contrôle des données de vie (nutrition, stress, etc.), perfusion s.-c. si affaiblissement important, diète légère (plusieurs petits repas fractionnés, evt poulet cuit ou duck soup), hospitalisation si nécessaire.

Vomissement

Le furet vomit relativement rarement, mais aura plutôt tendance à montrer des signes de nausées qui se présentent chez lui de façon particulière et assez spécifique. Comme chez les autres carnivores, les nausées/vomissements peuvent être causés par une pléthore de pathologies mais chez le furet, de préférence jeune, il ne faut jamais exclure la possibilité d’une obstruction gastro-intestinale. En effet le furet adore ingérer tout ce qu’il peut trouver, de comestible ou non. Certains corps étrangers peuvent rester coincés, en majorité dans l’estomac et parfois aussi dans les intestins, y compris le colon. La thérapie fait appel à la chirurgie et à l’extraction.

Une inflammation ulcéreuse causée par Helicobacter sp. existe chez le furet, provoquant des nausées, un amaigrissement, des melena, et semble comme chez l’humain fortement influencée par des facteurs de stress. Le diagnostic définitif ne se fait qu’avec une biopsie de la muqueuse gastrique. La trithérapie est souvent couronnée de succès.

Les hépatopathies sont peu décrites mais se rencontrent de temps en temps. Les causes sont incertaines, le pronostic d’emblée est réservé. La plupart des pathologies hépatiques sont d’origine néoplasiques (lymphosarcome, adenocarcinome, hémangiosarcome, adénome), on connaît également la lipidose hépatique ainsi que des hépatites infectieuses ou lymphocytaires, des cholangiohépatites, ou des intoxications au cuivre. Cliniquement on observe un furet avec des nausées intenses, plus rarement des signes d’entérite, une anorexie totale, un amaigrissement et faiblesse générale. Outre l’anémie, on trouve dans le chimiogramme des élévations des transaminases, parfois aussi des phosphatases alcalines. Une bilirubinémie augmentée survient souvent tardivement et de façon massive et présage un pronostic sans grand espoir. Des moyens thérapeutiques importants doivent être mis en œuvre, mais le pronostic reste très réservé. Perfusion, hospitalisation, antibiothérapie, traitement causal s’il existe, compléments tel que nutrical, anti-émétiques evt. alimentation parentale.

Des intoxications sont également toujours possibles, sachant que le furet peut déguster du savon, des cires dépilatoires, du dentifrice, du vif citronné, etc…De plus, avec sa manie de faire ses réserves dans les endroits les plus reculés de son habitat, il peut ingérer un morceau de viande ou autre produit alimentaire avarié et causant des troubles gastro-intestinaux. La thérapie reste identique aux intoxications chez d’autres carnivores.

Elements-clés pour le diagnostic : Anamnèse, examen clinique avec palpation abdominale attentive, Radiographies chimiogramme, hémogramme, échographie, autres analyses complémentaires evt.

Pathologies de l’appareil uro-génital

Si chez le mâle on rencontrera des urolithiases ou des prostatites liées à un hyperadrenocorticisme, chez la femelle diverses pathologies existent, la plupart en relation avec l’appareil génital :

-    Ovaire récurent, formation kystique ou métrite après ablation seule des ovaires sans hystérectomie. Ré-intervention nécessaire. L’ovariohystérectomie d’emblée est préconisée, elle permet d’éviter ces soucis de deuxième opération avec une nouvelle narcose et des frais supplémentaires.

-         Anémie aplasique

-         Mastite chez la furette allaitante

-         Toxémie chez la furette gestante

-         Dystocie, plutôt rare

-         Urolithiase

-         Problèmes liés à une portée trop petite (1-2 fœtus)

Tous ces problèmes nécessitent une visite chez le vétérinaire, généralement rapidement. Le pronostic de certaines de ces pathologies est très incertain, d’autres peuvent être réversibles si intervenu à temps (en traitement conservatif ou parfois par chirurgie). Toutefois, une prévention stricte et scrupuleuse ainsi qu’une bonne connaissance de la reproduction chez le furet permet d’éviter un certain nombre de ces pathologies

Lu 2942 fois Dernière modification le mardi, 21 février 2017 10:44

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